Voyages, repas, stylos plume... Serge Dorny, le directeur général de l'Opéra de Lyon, n'y est pas allé de main morte avec ses notes de frais entre 2013 et 2015.

C’est la surprise qu’on eut les contribuables lyonnais, la semaine dernière. Amateur d’opéra, ou non, tous ont du se rendre à l’évidence : l’art n’est pas une de ces valeurs universelles qui n’a pas de prix ; le sien à Lyon est de 28 500 d’euros par mois pour le seul directeur général de l’Opéra, Serge Dorny. Gaspillage d'argent public vous dites

Le directeur belge, dont les invitations à dîner sont recherchées par le Tout-Lyon puisqu’il offre à ses hôtes des repas d’une valeur de 150 ou 200 d’euros, avait déjà fait parler de lui en 2014, lorsqu’il avait obtenu 1,5 millions d’euros de dédommagement de la part de l’Opéra de Dresde, qui lui avait finalement refusé le poste de directeur.

L’Opéra de Lyon, dont il est le directeur général depuis 2003, lui procure 20 000 euros mensuels (loin, certes, des 30 000 euros du directeur de l’Opéra de Paris, Stéphane Lissner), auxquels s’ajoutent entre 8 000 et 8 500 euros de frais, professionnels ou non, selon Mediacités qui a eu accès à 3 500 copies de notes de frais émises entre 2013 et 2015 et fournies par des employés de l’institution.

Ainsi pourrait-on s’interroger sur le séjour à Madrid que Serge Dorny s’est offert au moment de Noël avec la carte de l’Opéra ou bien sur ces 5 nuits à 2 145 euros dans un Relais et châteaux situé à une heure d’Aix, lorsqu’il se rend au Festival International d’Art Lyrique.

Et lorsqu’on a un rendez-vous professionnel à Francfort, pourquoi se priver d’un petit détour par l’Europe centrale pour visiter Donetsk, Kiev, Moscou et Minsk pour 3 933 euros ? Certes la Lufthansa propose des vols Lyon – Francfort à partir de 120 euros, mais lorsqu’on dépense 795 euros pour un stylo et sa réparation, est-on vraiment à ça près ?

Dans un communiqué adressé à Serge Dorny, le 18 mai 2017, les personnels estiment que « le rayonnement de l’Opéra, souhaité par les partenaires publics, ne saurait justifier un tel niveau de dépenses (…) à l’heure où notre société exprime un fort désir de moralisation des dépenses publiques, les personnels, eux-mêmes soumis à des règles, exigent qu‘il en soit de même pour les cadres dirigeants afin d’empêcher de tels abus. »

Dans Le Progrès, Serge Dorny a déclaré pour sa défense qu’il considère ces montants «comme un investissement» à une période où il était à la recherche de mécènes.

Et vous, contribuables et mécènes indirects de cet opéra, quand serez-vous remerciés par une invitation à dîner pour tous vos impôts qui le financent ?

Aliénor Barrière

Budget de l’Opéra de Lyon : 37 millions d’euros dont 30 de subventions

En 2016, le budget de l’Opéra était de 37 millions d’euros dont 30 millions de subventions. Les aides publiques se répartissent ainsi, selon le site www.lyon-entreprises.com : 18 millions émanent de la Ville de Lyon, de l’État (6 millions), du Département du Rhône (3 millions), ou encore de la Région Auvergne-Rhône-Alpes (3 millions).

Mais aussi 11,3 millions d’euros d’aides indirectes, dont une charge de 10 millions pour la Ville de Lyon pour la mise à disposition de personnels.

Une étude du cabinet Nova Consulting, réalisée en 2011, estimait que pour 1 euro de financement public engagé, l’institution génère 2,80 euros de retombées. Un rayonnement mis à mal par la révélation des douteuses pratiques de Serge Dorny.

Le subventionnement public n’est pas l’alpha et l’oméga de la réussite d’un projet culturel : le Parc du Puy du Fou ou le Château de Guédelon, par exemple, sont des réussites économiques incontestables qui ont su faire sans l’argent public.

Jean-Baptiste Leon

 

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Taxe d'enlèvement des ordures ménagères : saisi par l'association locale de contribuables CANOL, le tribunal administratif de Lyon vient d’annuler des délibérations de la Métropole lyonnaise.

Dans son jugement du 3 octobre 2017, le tribunal administratif de Lyon vient d’annuler :

  • La délibération du conseil de la Métropole de Lyon du 26 janvier 2015 fixant les taux de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) pour l’année 2015.
  • La délibération approuvant le budget primitif 2015 en tant qu’elle fixant le montant des recettes prévisionnelles provenant de la TEOM.

Dans le budget 2015, le produit de la taxe devait générer un excédent de 20 millions d’euros mais le compte administratif a révélé qu’en réalité, il a dépassé 43 millions d’euros !

Contrairement aux jugements des années 2011, 2012, 2013 et 2014, le tribunal a refusé la demande de la Métropole de remplacer l’application des taux 2015 par ceux de 2010, derniers taux non-annulés, qui présentaient également un excédent important du produit de la taxe sur le coût du service.

Le tribunal administratif n’a pas encore traité les demandes de CANOL d’annuler le vote des taux 2016 et 2017, qui présentent les mêmes défauts et qui devraient donc être annulées pour les mêmes raisons.

L’association étudie l’action à mener pour récupérer les sommes indûment versées par les contribuables depuis 2015. Depuis 2007, les contribuables de la Métropole ont dû verser au Grand Lyon un excédent global estimé à 350 millions d’euros.

Contribuables Associés félicite CANOL pour cette avancée, obtenue de haute lutte. En 2016, les membres lyonnais de Contribuables Associés s’étaient mobilisés, pétition à l’appui, aux côtés de la CANOL et de l’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI) du Rhône, pour dénoncer les taux disproportionnés de la TEOM à Lyon.

 

Publié dans Les impôts et taxes