jeudi, 05 décembre 2019 13:59

RATP : une grève de privilégiés financés par les contribuables

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retraite agents ratp grève retraite agents ratp grève © Shutterstock.com

Jeudi 5 décembre 2019, les agents RATP sont en grève à l'appel des syndicats pour protester contre la réforme des retraites. Non assujettis au régime général, la majeur partie des agents RATP disposent d'un régime propre, structurellement déficitaire. Son trou est comblé chaque année par une subvention de l'État, c'est-à-dire par les contribuables. Ceux-ci financent 59% du montant des retraites des agents de la RATP. On dit merci qui ?

Les agents de la RATP qui bénéficient du régime spécial représentent 90 % du personnel, soit 41 000 personnes sur 45 000. Les autres employés sont en contrat de travail de droit privé et sont rattachés au régime général de retraite.

Le problème n’est pas tant qu’il existe des régimes spéciaux de retraite ; là, où le bât blesse, c’est que ce système est financé en grand partie par ceux qui n’en bénéficient pas, à savoir les contribuables.

Contribuables Associés ne voit aucun inconvénient à ce que les agents de la RATP conservent leur régime spécial à partir du moment où ce sont eux et seulement eux qui le financent !

L’État (et donc le contribuable) dépense 681 millions d’euros (en 2017) pour équilibrer le régime de retraite RATP – soit 14 000 euros de subvention par retraité RATP et par an.

Selon les calculs de la Cour des comptes, les cotisations des salariés et de l’entreprise publique « ne constituent pas des ressources suffisantes » et ne représentent que 41 % du financement des retraites à la RATP. Ce qui veut dire que les contribuables financent 59% du montant des retraites des agents de la RATP…

Les contributions publiques aux régimes spéciaux de la RATP, de la SNCF, et des industries électriques et gazières (EDF…) s’élèvent à 5,5 milliards d’euros pour les trois régimes. (Source : Rapport de la Cour des comptes » Les régimes spéciaux de retraite de la RATP, de la SNCF et des industries électriques et gazières », juin 2019).

Autrement dit, si on fait un ratio par habitant, chaque Français – qu’il soit usager francilien ou qu’il vive au fin fond de la Lozère à mille lieux de la moindre rame de métro – a versé – malgré lui – une subvention publique de 10 euros en 2017 pour financer les seules retraites des agents de la RATP.

Et ceux-ci ne trouvent rien de mieux à faire – pour défendre leur régime de retraite – que de pourrir la vie quotienne de ceux qui les financent et qui sont bien moins traités qu’eux. En voici la preuve en quelques chiffres tirés du rapport de la Cour des comptes :

 Âge moyen de départ à la retraite

RATP : 55,7 ans/ Régime général : 63 ans. A 60 ans, 89,9 % des agents des salariés de la RATP sont à la retraite.

 

Montant moyen de la pension pour les nouveaux retraités en 2017 (carrière complète)

RATP retraite tableauRATP : 3 705 euros brut / 2 206 euros brut pour les fonctionnaires d’État.

Montant moyen de la pension pour l’ensemble des retraités fin 2016 (unipensionnés, carrière complète)

 ratp retraites tableau 2

RATP : 3 000 euros brut / Secteur privé 1 820 euros brut. Une retraite supérieure de 40 % à celle du privé !

Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES , rattachée aux  ministères sociaux), en 2017, le montant brut moyen de droit direct des nouveaux retraités était pour la RATP de 2 856 euros.

Base de calcul de la pension de retraite

La meilleure rémunération de la carrière (les 6 derniers mois) à la RATP ; les 25 meilleures années dans le privé. Montant garanti au minimum à 75 % du dernier salaire à la RATP, pas de montant garanti dans le privé.

Le tout financé par les contribuables et les usagers, qui, ce jeudi 5 décembre, seront abandonnés sur les quais de tramway, du métro, du bus ou du RER… Cherchez l’erreur.

Lu 656 fois Dernière modification le jeudi, 05 décembre 2019 15:38