Ces fonctionnaires qui sont loin de faire les 35 heures…

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Un rapport, publié par l’Inspection générale des finances le 26 mars 2019, explique que 310 000 fonctionnaires d’État ont un temps de travail inférieur au seuil légal de 1 607 heures par an.

 

Certains fonctionnaires ont pu s’estimer heureux en 2017. En effet, alors que beaucoup de salariés du privé voient leur salaire gelé depuis des années, dans la fonction publique d’État, le salaire net moyen en équivalent temps plein s’est élevé à 2 560 euros par mois, soit une hausse de 2,1 %, selon des données publiées par l’INSEE au mois de mars 2019.

Un salaire moyen qui ne reflète pas les écarts entre les catégories de fonctionnaires, mais dont la hausse est supérieure à l’inflation estimée pour la même année.

Mais ce n’est pas la moindre des disparités entre salariés du privé et agents publics. Un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF), publié par Le Figaro, indique que 310 000 agents publics d’État (sur un effectif audité de 1,1 million) travaillent moins que le seuil légal des 35 heures. Cet audit ne prend pas en compte les enseignants, magistrats, militaires et gendarmes.

Le rapport de l’IGF établit que, sur les 310 000 fonctionnaires travaillant moins de 35 heures, 190 000 agents n’opèrent pas dans des conditions difficiles (horaires décalés, pénibilité, travail le week-end…) et n’effectuent en moyenne que 1 555 heures par an.

 

Aligner leur temps de travail sur le droit commun permettrait de réduire les effectifs de l’État de 30 000 postes, selon l’IGF.

Parmi les éléments établissant un temps de travail inférieur à la durée légale, l’IGF pointe un certain nombre de jours de congés qui s’ajoutent aux cinq semaines de congés payés. Notamment les « jours de fractionnement » : ainsi, si un fonctionnaire pose cinq jours de vacances entre le 1er novembre et le 30 avril, il reçoit un jour de congé supplémentaire. Et c’est même deux jours de congés en plus pour les agents de l’Éducation nationale travaillant dans le secondaire…

 

7 jours de congés supplémentaires grâce à la « semaine Malraux »

À ces jours de fractionnement peuvent s’ajouter les « jours ministres », comme l’indique Le Figaro. Au ministère de l’Intérieur, les fonctionnaires ont droit à deux jours supplémentaires. Aux Affaires sociales, ils bénéficient d’une semaine de bonus, dite « semaine d’hiver ». À la Culture, les agents ont droit à sept jours de plus au titre de la « semaine Malraux », en plus de leurs deux «jours ministres».

Parmi les 120 000 agents bénéficiant d’un régime dérogatoire pour cause de pénibilité particulière, le rapport de l’IGF pointe un certain nombre d’abus. Par exemple, les agents des préfectures et sous-préfectures chargés de l’accueil du public et de la délivrance des titres travaillent à peine 1 572 heures par an.

Autre dysfonctionnement qui confine à l’injustice, au sein des personnels de l’administration pénitentiaire : les travailleurs sociaux des services pénitentiaires d’insertion et de probation n’œuvrent que 1 520 heures par an quand les surveillants de prison travaillant en horaires décalés, la nuit, les week-ends et les jours fériés, opèrent 1 582 heures par an.

Ce sont les psychologues spécialistes de l’orientation scolaire et professionnelle qui ont le temps de travail le plus faible de la fonction publique d’État : 1 306 heures par an !

Ce qui équivaut à 301 heures ou encore 43 jours de travail de moins sur une année que le salarié lambda qui est aux 35 heures. On croit rêver…

 (Article extrait du Livre noir des gaspillages 2019une livre noir gaspillages argent public

Lu 233 fois Publié le jeudi, 26 mars 2020