21 millions pour apprendre aux enfants à faire du vélo : Barbara Pompili pédale dans la semoule

Pompili-velo-gaspillage Pompili-velo-gaspillage ©Shutterstock - Milkovasa

Un programme à hauteur de 21 millions d’euros a été lancé par le gouvernement français pour favoriser l’apprentissage du vélo par les enfants de 6 à 11 ans et de tripler son utilisation d’ici 2024. Un plan dévoilé par Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, qui ambitionne d’ancrer le vélo dans la culture française...

 

En apparence le problème paraît être une énième proposition sortie tout droit de la bouche de responsables déconnectés, on en a vu d’autres. Mais le problème est bien plus profond.

 

Premièrement se pose le problème hautement philosophique du rôle de l’Etat.

Pour reprendre grossièrement Alexis de Tocqueville, un des plus éminents penseurs et politiciens français, la passion de l’égalité mène à l’individualisation et la débilitation des individus. N’attendant que de l’Etat l’égalité, les individus en perdent leur liberté et ne pensent plus. Ils sont autonomes vis-à-vis des autres mais dépendant face à l’Etat.

Nous nous retrouvons donc dans un régime totalitaire doux et égalitaire, ou chacun des citoyens a perdu la conscience de l’autre, tous amoindri face à la toute-puissance de l’Etat. Dès lors, l’Etat doit s’immiscer dans chacun des sujets, politique ou non, de la vie de ses sujets.

La récente proposition de notre ministre s’inscrit-elle alors dans cette logique ? Il est légitime de se poser la question. En effet, en va-t-il du ressort de l’Etat de traiter de ces sujets là, n’est-ce pas simplement le rôle des parents, des individus libres ?

 

 

Cette dernière réflexion nous emmène au deuxième problème de cette mesure : sa pertinence.

S’il est à n’en point douter que nous nous devons de faire des efforts pour adapter nos comportements aux contraintes climatiques, est-il nécessaire ou même « essentiel » pour reprendre les mots de Barbara Pompili de l’apprendre à l’école ?

Dans son livre "40 ans d’égarement économiques", Jacques de Larosière – ancien directeur du FMI et gouverneur de la banque de France - fait un état des lieux de la situation économique française.

Il analyse ainsi que le budget conséquent que consacre la France à l’Education nationale se situe dans la moyenne de l’OCDE. 

Cependant, le bât blesse au niveau de la répartition de la dépense. La France se trouve en 16ème position de dépense pour les enseignements primaires et secondaires. Or c’est précisément pendant cette période que s’effacent les déterminants sociaux.

De ces faibles apprentissages et investissements durant les premières années de scolarité de l’enfant, on en vient à la conclusion que 20% des jeunes n’ont pas acquis les enseignements fondamentaux durant leurs 9 premières années de scolarité.

Ainsi, les enfants de parents diplômés ont 14 fois plus de chance de l’être à leur tour.

Ne faut-il pas donc pas laisser la « responsabilité » de l’apprentissage du vélo à la famille, quitte à proposer des bons d’achat de vélo pour les familles plus modestes et à se concentrer sur l’apprentissage réel à l’école ?

 

Enfin, cette proposition est inepte à la vue de son montant et de sa justification.

21 millions d’euros. Compte tenu des quelques données précisées précédemment, ne vaut-il pas mieux les investir dans l’instruction réelle plutôt que dans l’apprentissage du vélo ?

Ce sont les contribuables qui payeront l’addition de ces dépenses inutiles. Ce montant devrait servir à former « 600 moniteurs, des services civiques et des bénévoles » car « les parents ne s'improvisent pas moniteurs » d’après Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers du vélo (FUB).

Nous pouvons donc en conclure que les usagers de vélo actuels sont de formidables autodidactes.

BRAVO, vous êtes des génies (ou des privilégiés ayant eu l’occasion d’apprendre le vélo avec un moniteur spécialisé ?).

De notre côté, nous attendons toujours le plan « apprendre à se laver les mains » ou « chausser ses chaussures » même s’il serait préférable d’avoir un plan « apprendre à compter » ou « apprendre à lire correctement ». 

Benoît Lacoux

 Avec Contribuables Associés, luttez pour la réduction des dépenses publiques, car trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts, et contre les gaspillages scandaleux d'argent public !

.

Lu 1052 fois Publié le vendredi, 02 juillet 2021