Les coûts de l’immigration : retour électoral de l’angélisme

Les problèmes de l'immigration et de son coût sont bien arrivés au cœur des campagnes électorales du printemps 2012. Mais sur les ailes des anges. Par Jean-Paul Gourévitch.

 

La doxa internationale en matière d’immigration, c’est qu’elle coûte aux pays du Nord plus qu’elle ne rapporte, même si l’immigration de travail légale rapporte, elle, plus qu’elle ne coûte.

Les monographies de Contribuables Associés laissent peu de doute sur la question. Il fallait donc démontrer le contraire avec le soutien des médias.

C’est Xavier Chojnicki, maître de conférences à l’Université de Lille 2 qui a allumé le feu en publiant, en avril 2012, avec Lionel Ragot, aux éditions Eyrolles, dans la collection « On entend dire » : L’immigration coûte cher à la France. Qu’en pensent les économistes.

Une omission volontaire ?

Les deux spécialistes s’étaient déjà fait remarquer dans un rapport de 2010 « Migrations et protection sociale : étude sur les liens et les impacts de court et long terme » dont les médias, avaient immédiatement conclu, que « l’immigration rapporte 12 milliards d’euros à la France » sans repérer qu’il ne traitait que des coûts de la protection sociale, passant sous silence ceux de l’immigration irrégulière, les coûts de structure, les coûts sécuritaires et les coûts sociétaux.

Ici, les auteurs prétendent dépasser « la seule protection sociale pour nous situer au niveau de l’ensemble générale des finances publiques ».

Les paramètres (volontairement ?) omis sont pourtant toujours les mêmes. 

S’ils reconnaissent une « surreprésentation des immigrés non communautaires dans les bénéficiaires des aides sociales en France », ils concluent qu’en raison des accords de Schengen, des politiques de regroupement familial et du droit d’asile, une « politique stricte » de l’immigration n’est pas applicable. D’ailleurs « les véritables enjeux de l’immigration ne se situent pas dans le champ économique ».

Ils justifient leur analyse par des graphiques savants et des statistiques picorées çà et là mais jamais dans les monographies de Contribuables Associés. 

Tout autre est le point de vue des rédacteurs du document « A la rencontre du frère venu d’ailleurs », produit par 21 organismes chrétiens ( CCFD, CIMADE, ACO…)  Et présenté en conférence de presse le 24/05/2012.

Soucieux à juste titre de dénoncer les préjugés qui s’attachent à la représentation des immigrés, ils affirment, pour étayer leur démonstration que « des études universitaires ont montré que les migrants apportent plus à l’économie française qu’ils ne reçoivent » et citent évidemment Lionel Ragot : « Globalement la contribution des immigrés au budget de l’administration publique en 2005 était positive de l’ordre de 12 milliards d’euros ».

Une chance pour l’économie française ?

Et d’enchaîner les aphorismes : « La migration est une chance pour l’économie française » (comme si tous les migrants venaient occuper des emplois). « La migration est une chance pour l’aide au développement » (dont on sait que loin de freiner les flux migratoires, elle les renforce). Mais c’est ce que veut entendre la pensée dominante.

De même, le journal Le Monde du 15/05/ 2012 consacre une pleine page à une tribune d‘El Mouhoub Mouhoud, chargé par le think tank Terra nova proche du PS de donner un substrat économique à une politique d’immigration.

On découvre ainsi que pour ce professeur d’économie à Paris-Dauphine, la France présente l’un des taux d’immigration les plus faibles parmi les pays de l’OCDE (il se fonde sur la cohorte des 20-24 ans en 2009), que le flux d’entrée des immigrés permanents se situe entre 160 000 et 180 000 par an ( 189 455 premiers titres de séjour délivrés en 2010 et 182 595 en 2011 régularisations non comprises), que « la seule estimation dont nous disposons » sur les migrations irrégulières  » avance un chiffre de 200 000 à 400 000 en stock » (la Monographie n° 25 de juin 2011donne prudemment un chiffre constant de 550 000).

Notre quotidien de référence ne propose sur le sujet ni débat ni analyse. Il omet soigneusement de mentionner les travaux de Contribuables Associés ou de l’Institut de Géopolitique des Populations qui ne manque pourtant pas d’experts qualifiés. Après une courte accalmie, il semble avoir abandonné l’information pour l’incantation.

Pour clore ce panorama, signalons la sortie  d’un ouvrage qui se veut exhaustif, le Dictionnaire de l’immigration en France publié par Larousse en avril 2012 sous la direction de Samain Laacher, qui réussit la prouesse de se citer 21 fois dans les références bibliographiques, en faisant l’ impasse totale sur ses aspects économiques et même sur l’ ouvrage édité chez Larousse  en 2009 sur L’immigration ça coûte ou ça rapporte ? 

Jean-Paul Gourévitch, consultant international, spécialiste de l’Afrique et des migrations, auteur de monographies pour Contribuables Associés sur les coûts de l’immigration et de l’émigration.

Avec Contribuables Associés, luttez pour la réduction des dépenses publiques, car trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts, et contre les gaspillages scandaleux d'argent public !

Lu 47 fois Publié le mardi, 05 juin 2012