Hôpitaux : l’Etat débloque 150 millions d’euros pour les services en tension

Écrit par Adélaïde BARBA
Personnel soignant en détresse ©Shutterstock Personnel soignant en détresse ©Shutterstock

Après de multiples appels à l’aide des personnels de santé, le ministère de la Santé lance un plan d’action immédiat s’élevant à 150 millions d’euros pour mettre fin aux pénuries de soignants.

Les hôpitaux, déjà dans une situation dramatique depuis plusieurs années, doivent faire face à une épidémie de bronchiolite qui engorge les services. La maladie s’étend sur toute la France sauf la Corse et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur qui sont relativement protégées.

Pour soutenir les services en détresse et en grande tension, le ministre de la Santé François Braun a annoncé dimanche 23 octobre sur le plateau de BFMTV, la mise en place « d’un plan d’action de 150 millions d’euro ». Il précise que « ça fait des dizaines d’années que l’hôpital est maltraité ». Le plan pourra permettra « une hausse du personnel, à condition qu’on en trouve ».

Olivier Véran a pris le relai le même jour en affirmant sur le plateau de Cnews : « On déclenche là où c’est nécessaire les fameux plans blancs pour rappeler du personnel supplémentaire et pour avoir une meilleure coopération dans les territoires ».

Mise en danger des soignants et des patients 

Vendredi 21 octobre, plus de 4000 soignants en pédiatrie avaient adressé une lettre choc à Emmanuel Macron dans laquelle ils évoquent la mise en danger quotidienne de certains enfants. Cette tribune raconte leur quotidien et brosse le portrait d’un service public à l’agonie avec « des soins déprogrammés de faute de lit, des transferts hors région d’enfants, des petits hospitalisés dans les services adultes ».

La lettre dénonce « la dégradation criante des soins apportés aux enfants qui les met quotidiennement en danger ». Certains enfants, encore très fragiles, sont libérés de l’hôpital afin de donner une place précieuse à un autre enfant malade. Quelques familles sont contraintes de gérer elles-mêmes une situation d’urgence à domicile.

Mais pour Isabelle Desguerre, cheffe du service de neuropédiatrie à l’hôpital Necker à Paris : « 150 millions, c’est un effet de chiffre, le problème ce ne sont pas les sous mais reconnaître le statut des soignants, leur donner envie de travailler en hôpital, mettre des vrais ratios soignants par enfant » confie-t-elle à l’AFP.

Un problème qui traîne depuis trop longtemps

La lettre signée par les soignants témoigne finalement de la relative inefficacité du Ségur de la santé qui s’est déroulé du 25 mai 2020 au 10 juillet 2020. Pour rappel, de cette consultation des acteurs du système de soin français s'est décidée une aide de 650 millions d’euros en 2021 pour investir dans le quotidien des hôpitaux et des établissements de santé.

Le piteux état de l’hôpital, et en particulier du service de pédiatrie, s’explique aussi par le problème du recrutement qui est la conséquence directe du salaire trop bas (1800€ brut pour une sage-femme). Le Conseil national de l’ordre des sage-femmes avait tiré la sonnette d’alarme le 13 octobre dernier sur le nombre de radiations de professionnels en âge d’exercer qui a explosé : jusqu’à 112% au cours du premier semestre 2022.

Dans son communiqué, l’Ordre conclut que ce « phénomène contribue à dégrader davantage la qualité et la sécurité des soins mais aussi des conditions d’exercice, conduisant ainsi sage-femmes et étudiants à fuit la profession ».

Lors de la crise du COVID, plus de 1300 infirmières ont démissionné.

Publié le lundi, 24 octobre 2022

1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire olive91 vendredi, 04 novembre 2022 Posté par olive91

    Probléme de la quantité de non soignants à l'hopital public.En Allemagne : les internes en médecine sont payés 3000 euros/1° année et 5000 euros en 3° année.Mais 1600 euros en France où il y a 40/100 de plus de bureaucrates hospitaliers !

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