jeudi, 21 août 2014 16:23

Les bureaucrates du développement durable

Surdimensionné, le ministère de l’Ecologie compte plus de 60 000 fonctionnaires dont la principale occupation consiste à gaspiller l’argent fauché aux contribuables…

 

Sauver la planète avec l’argent des autres ! Sous prétexte de légitimité environnementale, le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie est devenu une machine à inventer des redevances. En arrivant à la tête de cette administration tentaculaire, Ségolène Royal s’est déclarée contre l’écologie punitive. Mais pas contre les taxes…

Déjà à 4,2 %, la part de la fiscalité écologique dans les prélèvements obligatoires va bondir : depuis le 1er avril, la contribution climat énergie ( CCE), nouvelle version de la taxe carbone, est entrée en action. Dès l’année prochaine, les prix à la pompe augmenteront de 2,6 centimes par litre pour l’essence et de 2,9 centimes pour le gazole. La CCE complète la ribambelle de prélèvements qui, de l’électricité à la future contribution poids lourds, écornent le pouvoir d’achat des ménages. Et ce n’est pas terminé. Bientôt, la loi sur la « transition énergétique » occasionnera une nouvelle vague de prélèvements dont les classes moyennes seront les premières victimes.

Une bonne partie de cet argent est dilapidée par des structures administratives redondantes.

La plupart des taxes vertes ont un point commun. Elles sont programmées par un ministère de l’Ecologie où le gaspillage est de mise. Car, comme la technostructure de l’Union europénne, l’administration verte est dispendieuse et bilocalisée. Avec, d’un côté, des milliers de m2 situés dans la Grande Arche de la Défense. Et, de l’autre, des locaux d’apparat, ceux de l’hôtel de Roquelaure, un monument classé où siègent le ministre et ses sherpas. Ce petit coin de paradis donne sur le boulevard Saint-Germain, l’un des quartiers les plus prisés de la capitale. Le m² y dépasse fréquemment les 20 000 euros. De leurs fenêtres, les hauts fonctionnaires observent le vol des abeilles sauvages pollinisant le parc du ministère pendant que le petit peuple s’asphyxie dans le métro.

Lorsqu’ils se déplacent, ces privilégiés de la République sont véhiculés dans des voitures hybrides confiées à des chauffeurs formés à l’éco-conduite. Le bilan énergétique de l’hôtel de Roquelaure, comme le coût des navettes assurant la jonction entre la Défense et le VIIe arrondissement, sont inconnus, mais l’écologie politique a les moyens. Même s’ils ont diminué de 500 millions d’euros en 2014, les crédits du ministère, hors « investissements d’avenir », s’élèvent à 7,2 milliards d’euros.

Au-delà des 500 emplois (équivalents temps plein) sacrifiés en 2014 sur l’autel de « la participation à la stabilisation des emplois publics », l’administration écolo reste l’une des plus bedonnantes du pays. Elle compte près de 63 000 agents dont 6 000 nidifiant dans l’administration centrale. A ces effectifs, s’ajoutent ceux des agences rattachées à l’hôtel de Roquelaure : Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), Agence nationale de l’habitat (ANAH), Institut de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER), Insititut français du pétrole et des énergies nouvelles… Là aussi, les effectifs sont pléthoriques malgré 390 emplois supprimés en 2014 chez certains opérateurs. Au total, si on consolide les moyens du ministère et de ses satellites, l’ensemble coûte 17 milliards d’euros par an aux contribuables.

Une bonne partie de cet argent est dilapidée par des structures administratives redondantes. Le doublon entre la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) et les délégations régionales de l’Ademe constitue un bon exemple du genre. Dans son rapport sur l’organisation territoriale de l’Etat (2013), la Cour des comptes s’est prononcée pour le rapprochement de ces deux entités dont les rôles respectifs sont flous. L’énergie, la qualité de l’air, le BTP, les changements climatiques sont des domaines où les deux « machins » pourraient coordonner leurs actions, estime la Cour. Elle réclame un pilotage unique qui ne vient pas, même si le budget de l’Ademe perdra 2 % par an d’ici à 2017.

Les sommes détournées par des agents de l’Anah sont peu de chose comparées aux milliards gaspillés par le ministère dans le cadre de ses projets d’avenir.

Riches et prospères, certains opérateurs rattachés à l’hôtel de Roquelaure attisent la concupiscence de l’Etat. Ainsi, les six agences de l’eau disposent d’un fonds de roulement si abondant que l’Etat a décidé d’y pomper 210 millions d’euros en 2014 sans provoquer de vagues. Bien subventionnées, d’autres agences monopolisent l’attention de la justice : en Martinique, l’Anah est au centre d’une affaire de corruption. Elle porte sur l’attribution d’aides financières suspectes. Selon le journal France-Antilles, les fraudes porteraient sur des dizaines de milliers d’euros.

Les sommes détournées par des agents de l’Anah sont peu de chose comparées aux milliards gaspillés par le ministère dans le cadre de ses projets d’avenir. En présentant, fin 2013, son nouveau programme d’investissement (PIA), le gouvernement a indiqué que la « transition énergétique » disposerait d’un financement de 2,3 milliards d’euros soumis à des « critères d’écoconditionnalité ». En avril dernier, Ségolène Royal a précisé que des centaines de millions d’euros seraient dépensés à ce titre afin de consolider les filières d’énergie renouvelable, dont l’éolien marin et le solaire. Ces techniques de production ont un rendement dérisoire et fournissent (quand il y a du vent ou du soleil) une électricité rachetée à prix d’or par EDF qui répercute ce coût sur les consommateurs à travers la CSPE (contribution au service public de l’électricité).

La voiture électrique est une autre voie sans issue dans laquelle le ministère du Développement durable s’engouffre à belle allure. En mai 2014, après l’Assemblée, le Sénat a voté une loi prévoyant la multiplication des bornes de recharge aux frais du contribuable. Le texte exonère de redevance les opérateurs d’Etat qui implanteront ces bornes sur le domaine public. Un chantier que le ministère du Développement durable compte bien encourager. Pour sa première participation au conseil des ministres du gouvernement Valls, Ségolène Royal est d’ailleurs arrivée à bord d’un véhicule électrique Mia, une marque qui vient d’être placée en redressement judiciaire… Tout un symbole ! Avec 25 000 unités vendues, les véhicules électriques, largement subventionnés, représentent 0,5 % du parc automobile français et n’intéressent pas grand monde du fait d’une autonomie excédant rarement 150 km. Qu’importe : les bureaucrates de l’hôtel de Roquelaure ont choisi d’aider des bobos parisiens qui pourront bientôt charger leurs voitures électriques pour aller de chez Lipp à Neuilly. C’est ça, l’écolo attitude !

Article extrait de L’écologie, oui! Les écolos, non! – Les enquêtes du contribuables

Avec Contribuables Associés, luttez pour la réduction des dépenses publiques, car trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts, et contre les gaspillages scandaleux d'argent public !

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