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Comment réaliser 3,5 milliards d’économies sur les aides à l’emploi

une-coupe-budgetaire-indispensable-pour-relancer-la-machine-etatique © Pôle Emploi

Ce sont 11 milliards d’euros qui sont consacrés à la politique de l’aide à l’emploi, pour les résultats déplorables que l’on connaît.

 

Philippe Herlin est l'auteur de "50 milliards d'euros d'économies sur le budget 2018, c'est possible!". Dans cette étude pour Contribuables Associés, il identifie les coupes budgétaires réalisables dans le budget de l’État. Voici un deuxième extrait sur les aides à l'emploi.

Ce sont 11 milliards d’euros qui sont consacrés à la politique de l’aide à l’emploi, pour les résultats déplorables que l’on connaît. À un moment, il faut se poser des questions et changer de paradigme : ce n’est pas l’argent public qui crée l’emploi, ce sont les entreprises privées.

En conséquence, faisons en sorte de diminuer les impôts pesant sur elles, et cela passe par une diminution des dépenses publiques, dont celles du ministère du Travail.

Plusieurs programmes nous semblent pouvoir être aisément annulables :

  • 2 130 millions d’euros pour les emplois aidés¹ dont l’inutilité est patente. Simplement destinés à faire baisser les chiffres du chômage, ils n’offrent que rarement une compétence professionnelle, et le taux de retour à l’emploi des publics concernés est au plus bas.
  • 605 millions d’euros pour les « anticipation et accompagnement des conséquences des mutations économiques sur l’emploi »30, dont le fameux « contrat de génération » de François Hollande, qui aura donné très peu de résultat.
  • 886 millions d’euros  qui  servent  à « soutenir les structures de l’économie sociale et solidaire […] notamment dans les zones rurales et les quartiers dits « sensibles »². Il s’agit de saupoudrage de subventions et d’exonérations.

On parvient ainsi à une économie totale de : 2 130 + 605 + 886 = 3 621 millions d’euros.

Une analyse plus fine que ne le permettent les « Bleus » permettrait de sauver quelques programmes utiles ou à destination de publics en difficulté ; on peut arrondir à 3,5 milliards d’euros. Inversement, on ne touche pas au reste, même s’il y aurait à redire, mais cela nécessiterait une étude plus approfondie. 

Un chômeur sur huit trouve du travail grâce à Pôle emploi

Signalons par ailleurs que le ministère du Travail verse 1,5 milliard d’euros à Pôle emploi, mais que celui-ci touche au total 5 milliards d’euros, via d’autres financements, et que c’est en augmentation (4 milliards en 2013, 5 aujourd’hui).

« La fusion de 2008 [entre Assédic et l’ANPE qui a donné naissance à Pôle emploi] s’est accompagnée de coûts croissants, notamment du point de vue salarial », dénonce la Cour des comptes.

Lorsque l’on sait que seul un chômeur sur huit trouve du travail grâce à Pôle emploi, il y a sans doute des économies à faire. Par exemple, il faut réfléchir à une privatisation et à la mise en concurrence.

Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste et Docteur en économie du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). Il a publié aux Éditions Eyrolles Finance, le nouveau paradigme (2010), Repenser l’économie (2012), France, la faillite ? (2010, 2012), L’or, un placement d’avenir (2012, 2017), La révolution du bitcoin (2013), (2015).

Avec Contribuables Associés, luttez pour la réduction des dépenses publiques, car trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts, et contre les gaspillages scandaleux d'argent public !

Lu 324 fois Publié le mercredi, 15 novembre 2017