mercredi, 29 mai 2013 11:19

François Hollande veut ponctionner encore plus les familles

francois-hollande-veut-ponctionner-encore-plus-les-familles francois-hollande-veut-ponctionner-encore-plus-les-familles © Contribuables Associés

François Hollande a un problème d’argent et il veut faire payer les familles. Notamment les familles aisées. Il serait donc face à un choix cornélien : soit réduire leur accès aux allocations familiales, soit augmenter leurs impôt par la baisse du quotient familial. Mais anticipons un peu : ce qui semble être un choix aujourd’hui pour l’une OU l’autre politique, ne pourrait bien être qu’une introduction à l’application de l’une ET l’autre politique.

 

Pour saisir le caractère spoliateur des mesures envisagées par le gouvernement, il faut bien comprendre que notre système social est fondé sur un principe inégalitaire : la redistribution. C’est l’idée que chacun est obligé de donner de l’argent à l’Etat qui se charge de redistribuer les richesses selon des critères plus ou moins valables. Au fond, pourquoi pas si c’est fait avec une notion de « retour sur cotisations » comme on parle de retour sur investissement. En d’autres termes, le paiement des cotisations devrait entraîner des prestations de services rendues par l’Etat qui justifierait le montant des sommes ponctionnées. Mais ce n’est pas le cas.

A cause de la redistribution, plus on gagne, plus on perd

Rappelons la réalité actuelle en matière de cotisations et de prélèvements obligatoires, sources de financement des allocations familiales en particulier et des toutes les prestations sociales en général. Selon l’Insee et l’un de ses tableaux de données  « Montants moyens des prélèvements et prestations par unité de consommation en 2010 », il apparaît que seuls 20% des personnes présentent en France, qu’elles soient françaises ou étrangères, bénéficient du modèle social français. C’est-à-dire que 80% des travailleurs paient des cotisations sans avoir de retour équivalent à la somme versée.

Concrètement et selon les catégories établies par l’Insee, une personne gagnant 1.765 euros par mois est prélevée de 205 euros pour ne percevoir en retour que 89 euros en prestations sociales. Son revenu réel est donc de 1.649 euros par mois. Cette personne, dont les moyens sont modestes, a ainsi perdu 6,6% de son revenu sans compensation et au nom de la justice sociale. Et plus on monte dans les salaires, plus la perte est importante.

Ainsi une personne qui perçoit un salaire de 2.353 euros par mois, est prélevée de 344 euros pour un retour de prestations sociales de 68 euros. Son revenu réel est donc de 2.077 euros, ce qui est une perte de 11,7% de son salaire.

Les pertes sont encore plus importantes pour un salarié qui se fait 4.465 euros mensuels et qui est prélevé de 885 euros par mois. Le retour en prestations sociales s’élèvera alors à 50 euros par mois. Cela veut dire que le salaire réel de ce salarié sera de 3.630 euros soit une perte 18,7% de son revenu.

Quant au cadre qui se fait 5.804 euros par mois ses pertes sont toujours plus grandes. Prélevé 1.250 euros par mois, il perçoit seulement 51 euros de prestations sociales en retour soit un salaire réel de 4.605 par mois. C’est une diminution de 20,7% de son revenu sans compensation.

Toutes ces données, provenant de l’Insee, révèlent la réalité du système français : 80% des travailleurs subissent une perte nette d’argent sans aucune compensation. Plus l’on gagne, plus l’on perd. Et ce sera encore plus vrai pour les familles dites aisées.

2 milliards d’euros pris aux familles

Ce système économique collectiviste s’apprête à renforcer ses ponctions tout en diminuant encore plus son retour en prestation. L’hypothèse de travail actuel du gouvernement aujourd’hui est de diminuer drastiquement les allocations à partir d’un revenu mensuel de 5.000 par mois pour un couple avec deux enfants, et de les diviser par quatre au-delà d’un seuil de 7.100 euros. Aujourd’hui un revenu de 5.000 euros par mois équivaut à une prestation sociale d’à peine 50 euros par mois. Peut-on faire moins ? Oui, car François Hollande le veut. Ainsi, avec la diminution des allocations familiales envisagée par le gouvernement pour les familles aisées, la prestation de l’Etat passera de quasi inexistante à nulle. Mais cela fera 1 milliard d’économie pour l’Etat, ça de moins pour les contribuables.

Quant à l’autre mesure concernant les impôts, selon la manière dont le quotient familial sera baissé et selon les estimations faites, les familles dites aisées, soit 1,1 million de foyers, paieraient 68 euros d’impôt supplémentaires par mois. Ceux qui ont un enfant paieraient 42 euros supplémentaires par mois, et ceux qui ont quatre enfants paieraient 250 euros supplémentaire par mois. Cela veut dire que le peu d’allocations versées sera de toute façon perdu dans un impôt qui grèvera encore plus les revenus de ces familles dites aisées. L’Etat ferait ainsi rentrer 915 millions d’euros par an de recettes supplémentaires.

L’un dans l’autre cas, ce sont un total de 2 milliards d’euros supplémentaires dont l’Etat pourra disposer dans son budget. On comprend donc que si maintenant François Hollande dit qu’il devra choisir entre l’une et l’autre des mesures, ce seront en fait l’une et l’autre qui seront à terme appliquée. Du moins c’est à craindre.

L’injustice sociale, c’est maintenant !

Le système de redistribution n’entraîne pas autre chose qu’un appauvrissement des familles aisées qui n’enrichit pas pour autant les familles les plus modestes.

Pour comprendre, rappelons cet autre fait : plus l’Etat dépense contre la pauvreté, plus celle-ci augmente. Le nombre de personne sous le seuil de pauvreté était en 2010 le même que celui de 1970. Cette année-là, la France compte 8.649.000 personnes pauvres alors que quarante ans plus tard, en 2010, la France en compte 8.617.000. En terme de taux, le niveau de 2010 est le même que celui de 1979. Le taux de pauvreté est alors de 14,2% pour être à 14,1% trente ans plus tard. Sur trois décennies, le taux moyen de pauvreté est de 13,5%. Il oscille entre un minimum de 12,6% en 2004 et un maximum de 14,5% en 1996. L’évidence est flagrante : la redistribution ne fonctionne pas !

Une dernière remarque : les familles les plus aisées, ciblées par François Hollande, sont notamment celles de cadres, de cadres supérieurs, de chefs d’entreprises et d’entrepreneurs. Ce sont donc celles qui auraient le plus de facilité pour quitter la France. N’y aurait-il pas là une conséquence inattendue de la politique fiscale familiale de François Hollande : le départ des familles dites aisées ?

Avec Contribuables Associés, luttez pour la réduction des dépenses publiques, car trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts, et contre les gaspillages scandaleux d'argent public !

Lu 13 fois Dernière modification le mercredi, 13 mai 2020 11:40