vendredi, 17 mai 2013 12:02

La SmartTaxe : le génie français de la création taxative

la-smarttaxe-le-genie-francais-de-la-creation-taxative la-smarttaxe-le-genie-francais-de-la-creation-taxative © Contribuables Associés

Contribuables, à vos smartphones ! Dans peu de temps, lorsque vous téléphonerez, vous financerez la sacro-sainte exception culturelle française ! Vous regarderez d’un autre œil les productions du cinéma français, de la musique française et de toute cette culture protégée et subventionnée qui, si elle n’a jamais trouvé son public, a du moins trouvé ses subventions et… ses taxes.

 

L’exception culturelle française, ce concept dinosauresque que le monde entier nous envie mais n’a jamais voulu copier, fait sourire à cause de son protectionnisme suranné qui ne la protège que d’une vraie vitalité artistique. Mais elle ne fait plus rire du tout lorsqu’elle engendre une taxe, encore une…

Comment numériser les vieilles idées ?

C’est que François Hollande tient à « la défense de la culture et de tous ceux qui y contribuent. » En langage clair : subventionner une certaine culture et tous ceux qui la commettent, tout cela aux frais des contribuables. Monsieur Hollande a alors chargé son vieil ami de trente ans, Pierre Lescure, ancien PDG de Canal + entre autres, de trouver des moyens pour protéger le petit monde subventionné de la « culture » française.

Pierre Lescure a bien compris sa mission. Il s’est alors entourée d’une « équipe de gamins à l’esprit vif et percutant » comme il aime à le dire : sept personnes toutes issues des grandes écoles françaises, autant dire formatés sur les vieilles idées d’intervention de l’Etat et du protectionnisme culturel. Au moins Messieurs Lescure et Hollande étaient-ils certains qu’ainsi aucun de ces « jeunes » n’auraient lu Frédéric Bastiat et ces lignes subversives écrites par l’économiste épris de souveraineté individuelle et de liberté : « le droit du législateur va-t-il jusqu’à ébrécher le salaire de l’artisan pour constituer un supplément de profits à l’artiste ? »

Alors le 13 mai 2013, après neuf mois de réflexion, Pierre Lescure a remis son « Acte 2 de l’exception culturelle » – titre du rapport – fort de 80 propositions destinées à rénover, adapter, renforcer l’exception culturelle. Tout y passe : des livres au cinéma en passant par la presse et la photographie, sans oublier les jeux vidéo et tout ce qui s’y rattache. Car face à une révolution numérique qui abolit les frontières et ignore cette exception culturelle, il fallait réagir. Il fallait surtout protéger le modèle français de la culture de ces dangers que sont Amazon, Apple, Google qui font tant de mal car ils donnent un accès libre à toutes les cultures imaginables : « comme disait quelqu’un – le général de Gaulle – c’est une obligation ardente » glisse Pierre Lescure. Après le patriotisme économique, voilà le patriotisme culturel.

Une idée nouvelle : taxer !

Pierre Lescure, fin connaisseur du monde culturel français – ou plutôt parisien –  sait bien que l’ultime raison de ce rapport est de trouver de l’argent pour distribuer des subventions comme on distribue des faveurs. Et comme de nouveaux appareils diffusant librement et très souvent gratuitement du contenu sont apparus ces dernières années, l’idée est donc naturellement venue de les taxer.

Ainsi à germer l’idée d’une taxe sur les appareils connectés. Elle serait applicable à tous les terminaux connectés à internet, que ce soient les ordinateurs, les tablettes, les consoles de jeux, les liseuses et bien évidemment les smartphones. Cette taxe serait de 1% et Pierre Lescure estime qu’elle pourrait rapporter 86 millions d’euros.

On s’en doutera, François Hollande est satisfait de ce rapport. Selon l’Elysée, il constitue « une base de travail solide, notamment sur les mécanismes de régulation et de protection comme sur l’offre légale des œuvres numériques et la mise en place de nouveaux outils de financement. » Les contribuables apprécieront.

La culture de la taxe

François Hollande veut aller vite, souhaitant « la mise en œuvre des décisions nécessaires, y compris législatives, dans les meilleurs délais et a demandé qu’une première série de mesures intervienne d’ici l’été. » La loi protège l’exception culturelle : quel carcan ! Soyons réalistes : à partir du moment où un artiste est subventionné, il doit rentrer dans les clous de l’art officiel pour continuer d’obtenir ses subventions.

Mais on ne peut aussi s’empêcher de penser qu’il fallait trouver un biais pour taxer le numérique et cette manne que représente les smartphones et internet. Aujourd’hui, grâce à Pierre Lescure, les moyens sont trouvés, il ne reste plus qu’à les mettre en place.  Et comme toujours, les contribuables paieront qu’ils le veuillent ou non.

Un vieux dicton disait qu’en France tout se finissait avec une chanson. Comme les temps ont bien changé ! Maintenant tout se finit avec une taxe. Car tous les discours sur l’exception culturelle ne pourront jamais cacher que l’Etat français, aujourd’hui, n’a qu’une seule culture : la culture de la taxe.

Avec Contribuables Associés, luttez pour la réduction des dépenses publiques, car trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts, et contre les gaspillages scandaleux d'argent public !

Lu 14 fois Dernière modification le jeudi, 14 mai 2020 12:19