Réforme fiscale : Ayrault veut enfumer les Français

La remise à plat du système fiscal ? Un coup de communication que les médias reprennent en cœur. Mais pas seulement : c'est plus grave. N'oublions pas que Jean-Marc Ayrault est le Premier ministre d'un gouvernement socialiste, dont le credo est toujours plus d’État-providence au détriment des libertés individuelles. Au-delà des effets d’annonce, les contribuables doivent comprendre le sort qu’on souhaite leur réserver dans ce projet de réforme.

 

Pourquoi les contribuables ne sont-ils pas représentés en tant que tels dans la concertation actuellement en cours ? Il y a de bonnes raisons à cela. La grande réforme de Jean-Marc Ayrault est en réalité une boule à facettes : plus on en découvre les aspects, plus on en constate les implications idéologiques.

Le prélèvement à la source ? L’Etat y a tout intérêt, au détriment des contribuables

Une des mesures proposées par Jean-Marc Ayrault est la mise en place du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. L’Etat a tout à gagner à ce dispositif :

– Les entreprises collecteraient directement l’impôt sur le revenu. On touche là au consentement à l’impôt lui-même : c’est la fin du système qui responsabilise le contribuable et fait appel à sa liberté de citoyen telle que définie par les Droits de l’homme. Les hausses d’impôts seraient appliquées directement par les entreprises : elles porteraient ainsi le chapeau et se débrouilleraient ensuite face à l’éventuel mécontentement des salariés !

– L’Etat n’aurait plus à subir d’impayés puisque les entreprises collecteraient l’impôt avant même de payer les salariés.

– Il faudrait recycler une grande partie des fonctionnaires de Bercy : car souvenez-vous, l’Etat ne licencie pas ! Cela tombe bien : le statut d’officier juridique fiscal vient d’être créé… une véritable « brigade du fisc »… Une pièce de plus au puzzle socialiste.

– La politique familiale fiscale disparaîtrait : car qui dit prélèvement à la source, dit qu’il ne sera plus tenu compte de la situation familiale. Désormais, seuls les individus en tant que tels seraient soumis à l’impôt, et non plus les foyers. La famille n’est pas une valeur pour ce gouvernement; le modèle, c’est l’individu, face à l’Etat. C’est le volet fiscal logique du mariage pour tous.

Oublier l’écotaxe

Cette grande lessive fiscale permettra d’effacer l’affront populaire des bonnets rouges et de faire oublier le recul du gouvernement sur l’application de l’écotaxe. Le bébé est jeté avec l’eau du bain, mais l’Etat se rattrapera sur le reste ! Coût de ce fiasco pour les contribuables : un petit milliard d’euros (coût des portiques et appareils détruits).

Faire passer la pilule de la hausse de la TVA prévue en janvier 2014

En associant les organisations syndicales et patronales à cette concertation, c’est l’occasion rêvée pour l’Etat de leur faire avaler la hausse de la TVA. Qui n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle hausse d’impôts, payée par tous.

Cette réforme est surréaliste. Imaginée, dessinée, écrite par nos hauts fonctionnaires énarques élevés au biberon du soit disant « intérêt public » de l’Etat-providence. Vivent-ils seulement dans le même monde que les contribuables ?

Ce qui est plus grave derrière tout cela, c’est la perte de notre liberté individuelle. François Hollande et Jean-Marc Ayrault ne sont pas si mous qu’ils ont en l’air. Derrière leur silence affiché et leur soi-disant désordre, ils mettent en œuvre leur idéologie socialiste qui soumet toujours plus les personnes à un Etat trop puissant.

Et les contribuables français dans tout ça ?

Contribuables Associés a demandé à Jean-Marc Ayrault que les contribuables soient reçus à Matignon dans le cadre des entretiens en cours : une association comme Contribuables Associés a une autre légitimité que celle des syndicats officiels tous invités ! Faut-il le rappeler ? Ils vivent d’argent public et ne représentent que 7% des actifs…

Mais les contribuables seront-ils conviés à cette « concertation » ? En regardant de plus près le projet de M. Ayrault, on constate que sa réforme fiscale ramène les citoyens-contribuables au rang de simples payeurs : demande-t-on leur avis aux vaches qu’on trait, aux moutons qu’on veut tondre ?

De plus, M. Ayrault a très clairement annoncé que la réforme serait « à prélèvements obligatoires constants » : l’objectif n’est donc en aucun cas de baisser les impôts, mais bien plutôt, d’optimiser encore le système de racket généralisé !

Cette concertation est bien moins courageuse que la vraie réforme indispensable : celle de la baisse des dépenses publiques. Qui va le leur dire en face, si ce n’est Contribuables Associés ?

Eudes Baufreton, Délégué général de Contribuables Associés

Avec Contribuables Associés, luttez pour la réduction des dépenses publiques, car trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts, et contre les gaspillages scandaleux d'argent public !

Lu 135 fois Publié le mercredi, 27 novembre 2013