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Lettre à des candidats qui tremblent (et lancent des programmes en trompe-l’œil)

« Les Français attendent de grandes réformes ». Vous le répétez avec raison à chacune de vos réunions publiques. Les Français savent en effet que depuis des décennies la France décline : chômage, dépenses publiques, déficits publics, croissance, commerce extérieur, tous les indicateurs sont au rouge...

 

Avant-propos du nouvel ouvrage d’Alain Mathieu « Républicains Osez ! ». Le président d’honneur de Contribuables Associés y interpelle les candidats de la droite et du centre, qui pour la plupart sont des politiciens chevronnés, sans expérience du privé. Pour arrêter de reprendre en chœur les slogans socialistes, ils devraient écouter la voix des Français qui ne vivent pas de l’argent des contribuables.

Mesdames et messieurs les candidats à la primaire de la droite et du centre, « Les Français attendent de grandes réformes », vous le répétez avec raison à chacune de vos réunions publiques. Les Français savent en effet que depuis des décennies la France décline : chômage, dépenses publiques, déficits publics, croissance, commerce extérieur, tous les indicateurs sont au rouge.

Ils savent que leurs voisins et concurrents ont lancé des programmes énergiques de redressement, en voie de réussite : l’Allemagne de Schroeder en 2003, l’Angleterre de Cameron et Osborne en 2010, l’Espagne de Zapatero puis Rajoy à partir de 2010, l’Italie de Renzi en 2014. Les Français sont convaincus que, vu notre retard, un programme de réforme encore plus énergique que ceux de nos voisins sera nécessaire, car en 2017, l’Espagne et l’Italie étant en bonne voie, la France sera devenue le dernier « homme malade » des grands pays européens.

Et pourtant vous candidats à la primaire avez peur. Aucun d’entre vous ne propose le programme complet de réformes dites « structurelles », c’est-à-dire importantes, qui redresserait la France.

Vous dites que la solution viendra des entreprises, qui seules peuvent créer les emplois qui nous manquent, que la sphère publique devrait être réduite et mieux accomplir ses missions régaliennes. Mais pas un seul d’entre vous n’a proposé une liste des privatisations à réaliser pour réduire la sphère publique.

Aucun ne propose d’abroger réellement les 35 heures, dont vous dites pourtant qu’elles ont pénalisé notre pays. L’un d’entre vous annonce même qu’il gardera les 35 heures dans la fonction publique, là où elles ont fait le plus de mal.

Vous voulez réduire le nombre de fonctionnaires, la plupart par le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, ce qui prendra une trentaine d’années pour égaler l’Allemagne.

Vous voulez supprimer les inégalités de retraite entre le public et le privé, mais pas un seul des candidats de droite dit dans quels délais et par quels moyens.

La France croule sous les impôts et cotisations sociales, elle exprime ce que le ministre des Finances Moscovici appelait un « ras-le-bol fiscal » et un seul propose de baisser les impôts dès 2017.

Vous voulez lutter contre le terrorisme islamique, mais aucun n’ose en dénoncer la cause : que l’islam est une religion violente.

Vous dites que nos entreprises devraient être à égalité de charges fiscales et sociales avec les allemandes, mais aucun n’a chiffré les économies nécessaires, ni proposé des délais.

Vous dites que pour retrouver la confiance des Français, vous devez leur faire confiance, mais aucun ne propose de donner aux Français le droit de lancer des référendums, comme peuvent le faire les Suisses, les Américains, les Allemands, les Italiens et cinq autres peuples européens.

Vous vous dites libéraux en économie, et vous continuez à faire confiance à l’Etat pour diriger l’économie.

Quand vous étiez au pouvoir, vous avez reculé devant des grèves et des manifestations organisées par des syndicats bloquant vos réformes. Mais aucun d’entre vous ne propose de réduire le pouvoir de nuisance des syndicats en règlementant comme nos voisins le droit de grève.

Vos seules audaces sont deux propositions que vous avancez en tremblant : la suppression de l’ISF et le passage à 65 ans de l’âge légal de départ à la retraite (effectif seulement après la fin du mandat du prochain président de la République !). L’abrogation de l’ISF n’est pourtant pas une révolution, puisque notre pays est le seul de l’Union européenne à percevoir cet impôt. Et le départ en retraite à 65 ans est déjà la règle chez nos voisins européens.

Plusieurs d’entre vous sont des politiciens chevronnés : un ancien Président de la République, deux anciens Premiers ministres, un ancien ministre et directeur du cabinet du Premier ministre.

Vous avez presque tous été ministres. Mais aucun n’a l’expérience du secteur privé, lequel est pourtant la clé du redressement français.

C’est sans doute pour cela que vous n’arrivez pas à sortir de la pensée unique qui gouverne notre classe politico-médiatique, gauche et droite confondues, et  vous fait répéter une série d’inepties : la France est très inégalitaire et ses inégalités s’aggravent ; la France doit montrer l’exemple pour « sauver la planète » du réchauffement climatique ; « pas d’amalgame » entre terroristes et musulmans ;  aucune réforme ne peut être faite sans « dialogue social » avec les syndicats ;  les Français sont attachés à notre modèle social.

Commençons par démolir ces mythes de la pensée unique auxquels vous croyez. Un programme des grandes réformes indispensables au redressement français pourra alors être présenté. Vous verrez ainsi que les Français attendent de vous un supplément de courage politique.

Alain Mathieu, président d’honneur de Contribuables Associés.

Avec Contribuables Associés, luttez pour la réduction des dépenses publiques, car trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts, et contre les gaspillages scandaleux d'argent public !

Lu 400 fois Publié le lundi, 10 octobre 2016