Sir Roger Douglas, ex-ministre des Finances de Nouvelle-Zélande : comment il a réformé son pays

Le 8 avril 2008, Sir Roger Douglas, ministre des Finances travailliste de Nouvelle-Zélande de 1984 à 1988, intervenait à l’Assemblée nationale, à l’occasion d’un colloque de Contribuables Associés. Il expliqua aux députés français comment il avait mis en œuvre les réformes qui ont relevé son pays.

Ses propos, frappés au coin du bon sens, sont plus que jamais d’actualité. Extraits.

« Il faut des vastes programmes, pas une addition de mesurettes qui n’ont rien à voir les unes avec les autres. Les programmes d’ampleur permettent de démontrer que les améliorations compensent largement les inconvénients.

Certains prétendent que la réforme structurelle est synonyme de suicide politique, mais cela n’est vrai que si l’on abolit les privilèges un par un. En revanche, si on agit de manière globale, les gens se rendent compte que les améliorations dépassent les inconvénients et ceux qui ont perdu leurs privilèges deviennent vos plus farouches défenseurs.

Si l’on n’agit pas vite, le consensus ne pourra jamais naître. C’est l’incertitude, pas la vitesse qui tue les chances de succès de la réforme structurelle. Si les responsables politiques laissent s’installer l’incertitude, leurs décisions sont vouées à l’échec.

Le pays ne pourra pas coopérer s’il ne voit pas les objectifs que vous fixez. Il faut expliquer le pourquoi et le comment des objectifs pour que les gens y adhèrent. Il faut expliquer aux gens qu’il y a un problème, comment il est survenu, en quoi ce problème est dommageable à leur situation, ce que vous entendez faire pour l’enrayer et comment vous allez vous y prendre pour réussir.

Il faut expliquer les avantages et le coût de la réforme que vous voulez mettre en œuvre.

Certains se contentent de faire valoir les avantages en occultant le coût, mais il faut bien expliquer qu’il y a aura un coût. Si nous ne l’avions pas fait en Nouvelle-Zélande, nous n’aurions pas pu réduire le nombre de salariés des chemins de fer de 20 000 à 5 000.

Par ailleurs, il faut expliquer pourquoi votre politique sera plus efficace que d’autres.

Nouvelle-Zélande : les grands axes de la réforme des années 1980

Maîtrise de l’inflation, baisse des tarifs douaniers, privatisations, réduction des dépenses publiques et du nombre de fonctionnaires, suppression des subventions agricoles et du statut de la fonction publique, instauration du chèque scolaire.

Tels ont été les grands axes de réforme entrepris par les Néo-Zélandais à partir de 1984. Mais ce n’est qu’à partir de 1991, avec la libéralisation du marché du travail, que l’ensemble de ces réformes a commencé à payer. Le pays connut alors une forte période de croissance.

La Nouvelle-Zélande est classée aujourd’hui à la 3e place au palmarès de la liberté économique de l’Institut canadien Fraser, quand la France est seulement en 57e position…

 

Lu 350 fois Publié le jeudi, 09 mars 2017