Les trois types d’emplois aidés pour la jeunesse qui vont être financés par les contribuables

Non content de subventionner l’emploi pour les jeunes, François Hollande subventionne aussi leur recherche d’emploi !

 

« J’ai fait de la jeunesse la première priorité du quinquennat », annonce François Hollande lors de ses vœux à la jeunesse, formulés le 23 janvier 2013 à Grenoble. Une jeunesse qui doit être assistée, puisqu’il a décelé « le besoin d’être accompagnée, parrainée, d’avoir des repères pour les premiers moments de la vie ». Alors il dresse ce constat : « 500.000 jeunes de moins de 25 ans sont au chômage, le taux de chômage des jeunes s’élève à 25% de la population d’une génération. » Il se pose donc en seul recours possible pour que les jeunes trouvent un emploi et là il innove : non content de subventionner l’emploi pour les jeunes, il subventionne aussi leur recherche d’emploi ! Cela ne s’était jamais fait auparavant. C’est peut-être cela le changement, qui sait ? Le contribuable appréciera.

Pour la recherche d’emploi, le Président crée la garantie-jeune parce que « ces jeunes qui n’auront pas pu, faute de moyens suffisants, accéder  un niveau de qualification, plutôt que de les laisser attendre – pendant combien d’années d’ailleurs ? -, un emploi qui ne viendra jamais, nous avons l’idée d’une garantie qui leur serait apportée [et]qui leur permettrait d’avoir des moyens de vivre dignement et en même temps, en contrepartie, l’obligation de former, de se qualifier. » Dès cette année, 100.000 jeunes bénéficieront de cette aide qui pourra être perçue pendant deux ans et qui sera étendue à 100.000 jeunes de plus chaque année. Le Président, conscient des critiques que peuvent lui adresser les contribuables, joue alors sur les mots : « j’entends déjà ceux qui nous diraient que ce serait de l’assistanat, non, il s’agit d’une garantie ». Peut-être. Mais c’est bien un mécanisme qui utilise de l’argent public pour soutenir une partie de la population afin de trouver un emploi. Son coût pour les contribuables : 50 millions d’euros cette année, plus les années suivantes.

Ces emplois aidés possèdent tous les mêmes effets pervers

Alors quels emplois ces jeunes subventionnés pourront-ils trouver ? François Hollande y a pourvu en ayant l’idée non pas d’un type d’emploi aidé, ni de deux, mais de trois ! Qu’ils soient « d’avenir », de « génération » ou « francs », chacun de ces emplois repose sur le même principe : l’Etat subventionne, donne une prime, incite, tout cela aux frais du contribuable. Voyons ces emplois.

 Les emplois d’avenir, tout d’abord : il y en aura 100.000 en 2013, et plus en 2014. Pour les mettre en place François Hollande « lance donc un appel aux collectivités locales, aux grandes associations, à l’économie sociale et solidaire, aux coopératives, aux jeunes entreprises de pouvoir accueillir des jeunes en emplois d’avenir. » L’entreprise ne vient qu’en dernier, comme le parent pauvre que l’on invite car on a mauvaise conscience, et encore faut-il que cette entreprise soit jeune. La réalité est que ces emplois subventionnés seront créés soit par des services publics soit par des organismes subventionnés comme les associations. Ce ne seront donc pas de vraie création d’emploi, c’est-à-dire des activités professionnelles qui participeront à la création de richesse. Leur coût pour les contribuables : 1,5 milliard d’euros.

Les contrats de générations, ensuite, que François Hollande explique de la manière suivante :« Lorsqu’une entreprise embauche un jeune avec un CDI et garde un senior pour que le senior fasse le tutorat, l’accompagnement du jeune, cette entreprise peut bénéficier d’une prime qui pourraient aller jusqu’à 4.000 euros pendant trois ans. » Encore un emploi subventionné justifié par le Président grâce au principe suivant : « A chaque fois qu’il y a un tuteur et un jeune qui […] font ensemble cause commune, il doit aussi y avoir soutien de l’Etat. » Il compte en mettre en place 500.000 sur le quinquennat. Le coût de ces contrats pour les contribuables : 2,5 milliards d’euros.

Les emplois francs, enfin, à destination des jeunes issus de l’immigration qui habitent en banlieue. François Hollande décrit cet emploi fondé sur le principe de discrimination positive : « C’est l’idée que chaque jeune qui habite un quartier que l’on considère comme plus difficile que d’autres, porte par son adresse, par son lieu de vie, un avantage en terme de cotisation sociale et d’impôts. » Si 150.000 emplois de ce type sont créés, le coût pour les contribuables serait de 1 milliard d’euros.

Les quarante minutes de discours du chef de l’Etat auront coûté cher aux contribuables

Mais loin de résoudre la situation du chômage, de créer de vrais emplois et d’utiliser mieux l’argent public, ces emplois aidés possèdent tous les mêmes effets pervers : la spoliation, la discrimination, la dépense et l’inefficacité.

La spoliation car ils reposent sur le principe de distribution qui consiste à prendre aux uns, sans contrepartie, pour donner aux autres, sans contrepartie le plus souvent.

La discrimination car ils profitent seulement à certaines population de jeunes choisies en fonction d’une catégorie sociale ou de leur lieu d’habitation. Cela revient à favoriser, arbitrairement, certains jeunes plus que d’autres, mettant ainsi en péril le principe républicain d’égalité devant la loi.

La dépense car tous ces emplois aidés engendreront la création d’une ou plusieurs bureaucraties afin de les gérer. Elles s’ajouteront ainsi au mille-feuilles administratif déjà en place et augmenteront les dépenses pubiques.

L’inefficacité car, s’ils soulagent peut-être les statistiques immédiatement, sur le long terme ces emplois n’apportent rien. Nous le savons, personne n’est dupe, depuis vingt ans, le chômage n’est pas descendu en dessous de 8,5%. Ces trois types d’emplois pour jeunes viennent s’ajouter à la longue litanies des emplois aidés qui n’aident pas l’économie française.

Au final, ces quarante minutes de discours du chef de l’Etat auront coûté cher aux contribuables. Si les medias critiquent Nicolas Sarkozy de toucher 250.000 lorsqu’il prend la parole dans une conférence, ils pourraient tout aussi bien vilipender un Président qui aura coûté plus de 5 milliards d’euros aux contribuables une fois ces mesures annoncées : c’est 125 millions d’euros la minute, aux frais des contribuables bien entendu.

Sylvain CHARAT

Avec Contribuables Associés, luttez pour la réduction des dépenses publiques, car trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts, et contre les gaspillages scandaleux d'argent public !

Lu 134 fois Publié le vendredi, 25 janvier 2013