Ces grands chantiers qui ruinent le contribuable (et comment y remédier)

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Contribuables associés milite contre les gaspillages de dépenses publiques Contribuables associés milite contre les gaspillages de dépenses publiques

Grands travaux. Bâtiments publics, stades, infrastructures routières ou ferroviaires : les retards se comptent en années, les dérapages financiers en milliards d'euros. Le député Philippe Vigier, soutenu par Contribuables Associés, demande une commission d'enquête.

 

Phillippe Vigier, 60 ans, député d’Eure-et-Loir, membre de la commission des Finances, a déposé, le 7 novembre 2018, une proposition de résolution pour la création d’une commission d’enquête de 30 parlementaires sur les dépassements budgétaires des chantiers publics.

Cette commission a pour objectifs :

  1. « De recenser et de chiffrer, sur les vingt dernières années, tous les dépassements budgétaires liés à des chantiers publics,
  2. D’identifier, pour chaque cas d’espèce, les causes de toutes natures, qui ont conduit à ces dépassements,
  3. Et, à la lumière des politiques conduites à l’étranger, de proposer les outils à mettre en œuvre pour éviter tous dépassements budgétaires et responsabiliser les acteurs concernés. »

Faites pression sur votre député pour qu’il soutienne cette initiative qui répond aux attentes de Contribuables Associés et que notre association réclamait de longue date.

Rendez-vous en bas de cet article pour lire la liste des députés, qui, au 24 janvier 2019, s’associent à cette proposition de résolution.

Si votre député(e) n’a pas co-signé cette proposition de résolution, signez la pétition adressée aux députés non-signataires !

signature petition

Canopée des Halles, gare fantôme de Montpellier, stade Pierre-Mauroy à Villeneuve-d’Ascq, Maison de la Radio, Musée des Confluences à Lyon, Grand Paris Express, lignes de chemin de fer Lyon-Turin ou Poitiers-Limoges, nouvelle route du littoral à La Réunion… La liste des chantiers publics inutiles ou dispendieux est plus longue que la litanie des saints, et bien moins exemplaire.

Les chantiers fleurissent partout en France : projets du Grand Paris, modernisation du réseau ferré et des autoroutes, rénovation des quartiers prioritaires, extensions des aéroports, logements… La France s’est transformée en un gigantesque chantier. Si vous souhaitez dénoncer ces gaspillages et responsabiliser les acteurs concernés… Mobilisez-vous et informez votre député de la récente proposition de résolution en signant notre pétition ! 

Grands chantiers : les compteurs sont au rouge

Au total, 139 milliards d’euros seront investis d’ici à 2030, selon l’observatoire INTERMAT de la construction, en partenariat avec l’agence Business France.

Les dérapages de certains chantiers laissent sans voix. Entre les prévisions et le coût final, les factures explosent. « Les trente mois de retard sont une moyenne et les écarts de budget dépassent souvent 30% », selon Les Échos en 2014Les exemples frôlent la caricature ou le cas d’école à ne pas suivre.

Entre 2010 et 2017, le budget de la rénovation du Grand Palais, à Paris, a été doublé et une nouvelle rallonge de 75 millions d’euros vient encore d’être accordée. « Ce qui nous amène à un total, sans doute encore provisoire, de 541 millions », déplore le chroniqueur du Point (24.09.18), Jean Nouailhac. Les travaux prévus pour commencer en 2020 doivent impérativement être terminés en 2024 pour les Jeux olympiques, le Grand Palais devant abriter les épreuves d’escrime et de taekwondo.

Avec le « super métro » de 200 kilomètres autour de la capitale, le Grand Paris Express, tous les compteurs sont au rouge. Le chantier – le plus grand d’Europe – est en cours et l’essentiel des travaux doit être bouclé pour les JO de 2024. En 2010, le projet était évalué à 19 milliards d’euros. En 2018, le budget prévisionnel atteint 38,5 milliards !

L’économiste Philippe Herlin a dénoncé l’inutilité de ce projet dans l’étude de Contribuables Associés « 50 milliards d’euros d’économies sur le budget 2018, c’est possible ! ».

Ces liaisons transversales ne trouveront pas leur public, comme l’a démontré une étude de l’INSEE en 2015. Le tronçon sud de la ligne 15 (de Pont de Sèvres à Noisy-Champs en passant par Issy-les-Moulineaux) n’intéressera au plus que 14 300 salariés, prévoit l’organisme statistique. Sachant que ce tronçon coûte 4,2 milliards d’euros, on s’apprête à construire un équipement public à 300 000 euros par utilisateur potentiel! « Il faut stopper ce projet fou » s’insurge Philippe Herlin.

Canopée des Halles : un toit qui ne protègait pas de la pluie

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Toujours à Paris, le réaménagement des Halles, lancé en 2002, a fini par coûter cinq fois plus cher que prévu, soit un milliard d’euros (l’équivalent, au choix, de la construction de 40 collèges publics, 51 écoles communales ou 349 crèches de 40 berceaux), dont 500 millions à la charge de la Ville. Pour la seule Canopée, une plate-forme de 25 000 m² écaillée de métal jaunâtre qui coiffe les boutiques, il aura fallu débourser 300 millions d’euros, le double du budget initial.

Cerise sur le gâteau, le toit le plus cher du monde ne protégeait pas de la pluie les 800 000 personnes censées déambuler dessous chaque jour. En 2017, des cordistes ont installé un dispositif anti-fuites pour un coût de 1,2 million d’euros…

En province, ce n’est pas mieux. Le grand stade de foot de Lille-Villeneuve-d’Ascq, (baptisé stade Pierre-Mauroy) a été inauguré en 2012 pour 440 millions d’euros. Depuis 2008, l’attribution du marché à Eiffage au lieu de Norpac, une filiale de Bouygues qui proposait la même prestation pour 108 millions d’euros de moins, intrigue.

Un rapport notant les sociétés candidates a même été bidouillé pour brouiller les pistes, ainsi que la justice l’a établi en janvier 2015. La redevance que la Métropole lilloise verse à Eiffage, qui est propriétaire du stade jusqu’en 2043, est aujourd’hui de 7,5 millions d’euros par an.

Montpellier : une gare au milieu de nulle part

À La Réunion, le tracé et l’utilité de la nouvelle route du littoral entre Saint-Denis et La Possession, sont très contestés. Lancé en 2014, le chantier accumule les retards. Le montant des travaux, qui sont financés par l’État, l’UE et la Région, a été revu à la hausse : 1,91 milliard d’euros pour 12,5 km, dont un viaduc routier de 5,4 km. Soit 153 millions d’euros le kilomètre ! Contre 5 à 6 millions en règle générale pour un kilomètre d’autoroute en plaine. Et ce n’est pas fini. Des experts tablent sur un doublement du coût des travaux d’ici l’achèvement du chantier, prévu au mieux, pour 2021.

Dernier exemple à Montpellier, où l’inénarrable SNCF a fait très fort en construisant une deuxième gare TGV perdue au milieu de nulle part, entre champs et autoroute, à six kilomètres de la ville. Si l’on n’a pas de voiture, il faut compter un trajet de 40 minutes à une heure pour se rendre de la gare à Montpellier. La gare fantôme ne voit passer pour l’instant que huit trains par jour. C’est léger pour un équipement immense doté de six voies et de quatre quais. À sa mise en service en juillet dernier, la gare ne comptait aucune brasserie, pas de kiosque à journaux, aucune boutique de souvenirs, et, tenez-vous bien, pas un seul guichet. Et tout ça a coûté 135 millions d’euros…

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Lu 63 fois Dernière modification le mercredi, 05 juin 2019 12:18