Emmanuel Macron à l'Élysée, combien ça coûte ?

Écrit par Aliénor Barrière
Elysée-Emmanuel-Macron-argent-public © Shutterstock

Cet entre-deux-tours est l’occasion de dresser un bilan, non plus des politiques mises en œuvre par le Président sortant, mais des coûts qu’il a engendré à l'Élysée pour les contribuables français.

En 2019, le budget de l’Elysée s’élevait à 105 millions d’euros, soit plus que le quinquennat précédent, plafonné à 100 millions d’euros. Le « Mozart de la Finance », qui s’est plutôt révélé le « Farinelli de la Dette », est-il un bon gestionnaire ? Difficile d’être très enthousiaste en voyant les millions déversés dans la gestion de l’immobilier de la Présidence…

Quelles sont les demeures mises à la disposition du président de la République ? On compte trois résidences présidentielles : le Palais de l’Elysée, l’Hôtel de Marigny et le Palais de l’Alma, et deux lieux de villégiature : le Pavillon de la Lanterne et le Fort de Brégançon.

Un rapport sénatorial de mai 2020 formule des recommandations visant à améliorer la lisibilité du financement des projets immobiliers de la présidence de la République pour le Parlement comme pour les citoyens.  

Les dépenses d’entretien courant de la Présidence sont évaluées à 1,2 million d’euros en 2019 (après 1,7 million d’euros en 2018), auquel s’ajoute le budget alloué annuellement à l’opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture (l’OPPIC) au titre de l’entretien stricto sensu des résidences présidentielles, qui se monte à 1,1 million d’euros.

Le Sénat dénonce le fait que la présidence de la République puisse compter sur des ressources extérieures pour financer ses projets immobiliers, indépendamment de la dotation annuelle de l’Etat accordée à la Présidence.

On trouve, par exemple, le produit de la boutique de l’Elysée, qui a rapporté 77 646 euros en 2019, mais surtout l’OPPIC, via les crédits de l’action n°1 du programme 175 « Patrimoine » de la mission budgétaire « Culture » depuis la loi de finance initiale pour 2009.

Le rapport précise que la dotation de l’OPPIC au titre de la conservation et de la mise en valeur des résidences présidentielles s’élève à 5,5 millions d’euros chaque année depuis 2014.

Mais avec ces quelques millions, on est encore très loin du compte !

Le plan de financement du schéma directeur immobilier 2019-2022 représente au total 51,8 millions d’euros, et fait intervenir trois types de financements, la plupart extérieurs au budget de la présidence : 27 millions d’euros de la cession d’un emprise immobilière située rue de l’Elysée, 20,8 millions d’euros de l’OPPIC et 4 millions d’euros de crédits annuels d’investissement de la présidence en matière patrimoniale.

On comprend dès lors pourquoi le budget officiel de la Présidence ne fait que baisser : les fonds sont simplement récupérés ailleurs, mais sans aucune diminution des dépenses publiques.

Cette « débudgétisation » des crédits affectés au financement des projets immobiliers de la Présidence a pour conséquence une opacité problématique des dépenses, noyées dans le budget de la mission « Culture », cette dernière disposant de 3 milliards d’euros dans le projet de loi de finance 2020.

L’information des parlementaires, et a fortiori des contribuables, est donc rendue extrêmement difficile en l’espère.

A l’heure actuelle, il est impossible de connaître précisément la totalité des crédits dont dispose la présidence de la République, ce qui déroge au principe d’autonomie financière des pouvoirs publics voulant que ceux-ci « déterminent eux-mêmes les crédits nécessaires à leur fonctionnement ».

Budget de l'Élysée : et la déco dans tout ça ?

Tous ces millions déversés dans l’immobilier ne pouvaient pas aller sans quelques fautes de goût.

C’est chose faite lorsqu’en plein mouvement des Gilets jaunes, le couple Macron s’est lancé dans la décoration de plusieurs pièces à l’Elysée.

Coût de l’opération : 1 million d’euros, qui ont été ressentis comme autant de provocations dans ce contexte de crise.

Cette erreur de timing a accentué le sentiment de décalage profond entre le « Président des riches » et le peuple.

Certes, « l’entretien et la rénovation du patrimoine historique participent également de l’objectif d’adaptation des locaux au fonctionnement de ces institutions, dans la mesure où leurs locaux peuvent également remplir une fonction de réception et de représentation de la République française ».

On regrette alors que ce soit un artiste américain qui ait été mis à l’honneur dans le bureau du Président : Shepard Fairey, résidant en Caroline du Sud, a réalisé la Marianne version street-art qui trône sur le mur.

Quant aux dépenses d’énergie, il faut croire que monsieur Macron a laissé tomber : on nous dit que « la recherche d’une meilleure efficacité énergétique des bâtiments constitue un objectif prioritaire pour l’ensemble des pouvoirs publics, y compris s’agissant de la rénovation des bâtiment historique ».

Bon, pourquoi pas, mais dans ce cas comment expliquer la véritable passoire thermique qu’est l’Elysée ?

Malgré des travaux de rénovations forts couteux, les factures d’électricité et de chauffages s’élevaient à 758 000 euros en 2020 dans les trois résidences présidentielles.

Et la consommation d’énergie ne cesse d’augmenter. Mais avec 4,6%, les écolos ne méritent visiblement plus d’être dragués…

Budget de l'Élysée : « Pas de confusion des caisses »

Il est tout à fait normal que les frais de représentation soient assurés par l’Etat.

En revanche, il en va fort différemment des frais personnels. Cela est désormais proverbial, mais n’oublions pas que le Général de Gaulle payait ses factures de gaz et d’électricité, ainsi que son essence lorsqu’il se rendait à Colombey-les-Deux-Eglises.

Michel Jobert, ancien compagnon de de Gaulle : « Chez le général, ce que j’ai admiré, c’est que cet homme vivait de façon spartiate à l’Elysée et quand il ne recevait pas pour la République, tout le reste était comptabilisé à part et était payé par lui ».

Emmanuel Macron a assurément une vision moins « spartiate » : en 2020, le Fort de Brégançon où il passe ses vacances a reçu 500 000 euros pour financer du matériel audiovisuel, et 240 000 euros pour du matériel et de l’équipement de cuisine !

Quant au népotisme gaulliste, il ne fallait même pas y songer : pas de passe-droit pour le service militaire pour ses proches ni de décoration honorifique héréditaire pour son fils.

On est bien loin des avantages accordés par Emmanuel Macron à ses amis, comme l’a encore montré il y a quelques jours le scandale lié au cabinet de conseil Sémaphore et à son directeur, Marc Ferracci, dont trois membres de la famille profitent allègrement de la déontologie plutôt souple du Président Macron.

Il y a enfin les salaires qu’Emmanuel Macron a gagné : comme secrétaire général adjoint de l’Elysée, il toucha 261 931 euros entre mai 2012 et l’été 2014.

Comme ministre de l’Economie, il gagnait 9 940 euros brut mensuels, et aujourd’hui : 15 203 euros brut annuels comme Président… sortant ?

Publié le jeudi, 14 avril 2022

4 Commentaires

  • Lien vers le commentaire druesnes dimanche, 21 août 2022 Posté par druesnes

    dernier message du ¨président¨¨
    NOUS ALLONS DEVOIR PAYER LE PRIX DE NOTRE LIBERTE
    cette guerre n'est pas celle de l'ukraine c'est celle des états unis contre la russie
    mr chirac s'était très intelligemment démarqué de la politique américaine et il faut bien regarder le dessous des cartes pour comprendre ce qui se passe réellement après la non application des accords de minsk de 2014
    cette guerre n'est pas non plus la nôtre et mr macron nous fait trinquer à une issue qui ne peut que nous être défavorable

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  • Lien vers le commentaire Lancelot vendredi, 08 juillet 2022 Posté par Lancelot

    En effet cela fait beaucoup d'argent....d'entretien immobilier, de modernisation et alors !!! Il représente bien l'Etat français, jeune, intelligent, respecté par ses pairs.
    Je ne fais aucun grief à E. Macron car tout cet argent ne va pas dans sa poche. Le Palais de l'Élysée est prestigieux, La France, et l'occupant, quel qu'il soit ou fut, représente la France, une puissance respectée.
    Bien sûr, des opposants patentés, aux revendications démentielles, proportionnelle de fait, souhaiteraient reléguer La France au rang de pays sous développé, troisième zone, par un un bouleversement total, à l'opposé même de ce qu'a voulu le créateur de la V° République, c'est-à-dire la stabilité des institutions, pour y installer la chienlit, dans un monde devenu belliqueux, instable, revanchard, nouvel ordre mondial....guerre chaude à nos portes, par des provocations verbales des deux super grands.
    A la lumière de guerre en Ukraine, le fait nucléaire est protecteur, dissuasif, voire destructeur en cas de conflit majeur.
    Les occidentaux aident l'Ukraine en armement moderne, utilisés par de vaillants patriotes. Mais doit-on aller jusqu'au dérèglement général de l'économie mondialisée, that's the question.

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  • Lien vers le commentaire Mireille  Delphis samedi, 21 mai 2022 Posté par Mireille Delphis

    Ces hommes politiques de tous bords n'ont aucune conscience, ils s'engraissent à nos dépends de plus en plus et nous enfoncent dans un immobilisme total.

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  • Lien vers le commentaire Aubry jeudi, 19 mai 2022 Posté par Aubry

    Avec tout ce que je vois et entant de nos politiques ,je suis écoeuré d'être français.

    Ces gens qui n'ont rien à faire de nous et qui s'engraissent sur notre dos

    Je suis écoeuré d'être français

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