Renault quitte la Russie : quelles conséquences ?

Écrit par Aliénor Barrière
Renault Renault 5033181 pour Pixabay

C’est acté : lundi, le groupe Renault a vendu à Moscou ses 2,2 milliards d’euros d’actifs russes pour un rouble symbolique. Il s’agit donc ni plus ni moins d’une nationalisation de l’entreprise par l’État russe.

Plus précisément, Renault a annoncé la vente de sa participation majoritaire dans le constructeur automobile russe Avtovaz, suite à la pression exercée sur sa présence continue dans le pays.

Ses 68% iront donc à un institut scientifique russe (l’institut central russe de recherche et développement automobile et moteur), tandis que ses actions dans Renault Russie iront à la ville de Moscou, laquelle a déclaré que les actifs russes de Renault étaient maintenant devenus la propriété de l’Etat.

L’accord comprend également l’usine Renault de Moscou, Avtoframos, qui fabrique des modèles Renault et Nissan. Le maire de Moscou, Serguei Sobianine, a déclaré que la production de l’usine reprendrait désormais sous la marque Moskvich de l’ère soviétique.

Une close stipule toutefois que le groupe dispose de six ans pour racheter sa participation au prix cédé, soit un rouble symbolique.

Le patron de Renault, Luca de Meo, a déclaré : « Aujourd’hui, nous avons pris une décision difficile mais nécessaire ; et nous faisons un choix responsable vis-à-vis de nos 45 000 employés en Russie, tout en préservant la performance du groupe et notre capacité à revenir dans le pays à l’avenir, dans un contexte différent ».

Abandonner ses activités russes coûtera cher. Renault perd un marché majeur autrefois considéré comme une avenue clé pour sa croissance.

Et il perdra également Lada, une marque qui était au cœur de la stratégie de Renault pour des voitures abordables.

10% de son chiffre d’affaires était réalisé en Russie (4,6 milliards d’euros), et 12% de sa marge opérationnelle.

La semaine dernière, le géant de l’énergie Shell a annoncé qu’il avait accepté de vendre plus de 400 de ses stations-services en Russie au deuxième producteur de pétrole du pays, Lukoil.

Moscou a déjà averti qu’elle pourrait nationaliser les usines de production ou les usines où le travail a été suspendu.

Le contribuable est perdant dans l'affaire : le premier actionnaire de Renault est l’Etat français, avec 15% du capital et 22% des droits de vote. 

Lu 1023 fois Publié le mercredi, 18 mai 2022

1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire kelk1 vendredi, 20 mai 2022 Posté par kelk1

    Je souhaite le meilleur aux russes dans cette nouvelle épreuve.
    Pas sure que ça sera bon pour renault et ça ne me fera ni chaud ni froid

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