Finances publiques : la Cour des Comptes tire une fusée de détresse

Écrit par Fabrice Durtal
sos-argent © Daniela Staerk / Shutterstock

Dans son rapport annuel paru ce 12 mars 2024, la Cour des comptes juge la situation des comptes publics préoccupante, «voire au-delà», et réclame un électrochoc budgétaire de 57 milliards d'euros.

Pas convaincue : bien que Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, ait révisé à la baisse sa prévision de croissance 2024 et annoncé 10 milliards d'euros d’économies, la Cour des comptes juge les hypothèses résiduelles de Bercy trop iréniques.

Sans appel, ce constat concerne la croissance, l’inflation, les recettes fiscales et l’interminable glissade du déficit public.

Selon les magistrats financiers, la loi de programmation des finances publiques (LPFP) pour les années 2023/2027 souffre de trois tares :

D’abord, un « un scénario macroéconomique trop optimiste dès 2024 ».

Ensuite, un « retour tardif » du déficit public sous la barre des 3 % du PIB (2027).

Enfin, des efforts de maîtrise des dépenses non documentés et renvoyés à la période 2025-2027.

Le tout dans un contexte de hausse de la dépense publique : sous l’effet du dérapage de la Sécurité sociale et des dépenses de santé, le budget de l'État affiche une hausse de 3,1% en 2024.

Bien que le locataire de Bercy ait promis de ramener le déficit à 4,4 % du PIB en 2024, la Cour estime cet objectif problématique.

Car, Bruno Le Maire continue de s’accrocher à une prévision de croissance de 1% alors que le consensus des économistes s’établit désormais à 0,7%.

Si cette dernière hypothèse est la bonne (+ 0,7%), le déficit public du PIB se creusera mécaniquement à 3,1% du PIB en 2027, ont calculé les prévisionnistes de la Cour.

D’autant que l’année 2023 est un millésime budgétaire désastreux.

Il faudra attendre la fin mars pour connaître le chiffrage de l’INSEE, mais le pourcentage final du déficit sera « significativement » plus élevé que l’estimation initiale de - 4,9%, probablement proche de - 5,2% estiment certains conjoncturistes.

Pour les magistrats financiers, cette situation financière nécessite un électrochoc budgétaire et un plan d’économies de 50 milliards d’euros d’ici à 2027.

Ces coupes franches sont d’autant plus nécessaires que la charge de la dette s’alourdit, souligne la Cour des comptes.

Elle progressera de 10 milliards d’euros en 2024. Une année durant laquelle Bercy envisage de lever 285 milliards d'euros, dont 156 milliards d’amortissement de dette à moyen et long terme, selon les données fournies par France Trésor.

 

 

Publié le mardi, 12 mars 2024

2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire Dorgere lundi, 18 mars 2024 Posté par Dorgere

    Scandale des dépenses au Sénat, entre autre leur restaurant, leurs augmentations de salaires.., les voitures avec chauffeur, les résidences des retraités surveillés, , les bureaux des retraites de la haute fonction public...ect.....y a t il des pétitions? comment peut on arrêter toutes ces dépenses inutiles qui pourraient faire baisser les couts de la fonction public
    C'est bien de dénoncer mais comment agir concrètement ,
    Cordialement
    Cdorgere

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  • Lien vers le commentaire jamas samedi, 16 mars 2024 Posté par jamas

    La Cour des Comptes fait un gros rapport pour dénoncer une évidence prévisible depuis bien des années.
    On fait de plus en plus de l'interventionnisme public (sous entendre : on distribue des sous) pour tout et rien, notamment au travers de l'état, mais pas que. A tous les échelons administratifs c'est pareil.
    Pas étonnant qu'avec une croissance toujours présentée de manière excessive, au final les déficits annuels se creusent. Pas besoin de se payer des audits et des gros rapports pour cela.
    Serrons les boulons de la dépense publique !
    Et ça ne veut pas dire simplement diminuons d'un pouillème de cran les budgets de tous les ministères (sauf la justice pour moi). Ca veut dire supprimons purement et simplement des lignes d'actions secondaires. Le trait de plume pour être schématique !
    Supprimons carrément les actions de saupoudrage et de subventionniste à la marge : pas les moyens, supprimons carrément 20% des députés et sénateurs : pas les moyens, supprimons carrément le CESE : pas les moyens, supprimons carrément le principe des classes dédoublées du primaire : pas les moyens, supprimons carrément les agences et comités Théodule pour caser les copains : pas les moyens, les préfets et autres postes hors cadre, les consulats secondaires, les régions administratives, les OPEX qui ne changent rien au final à l'international, etc, etc, etc ... la liste est longue sans avoir recours à l’inverse à toujours plus de prélèvements.
    Si l'heure est grave, il faut vraiment en tirer les conséquences ! Et pas uniquement se faire plaisir à pondre de beaux rapports.
    La Cour des Comptes n'a pas de pouvoir coercitif : c'est bien dommage !
    Non à toujours plus d'interventionnisme public !

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