Sécurité sociale : brisons le monopole!

"Le trou de la Sécu" est une réalité connue de tous. Et si le déficit chronique des 4 branches de notre système social venait de leur situation de monopole ? Si cette hypothèse est juste, réintroduire de la concurrence devrait améliorer les choses ? Et les contribuables s'en porteraient mieux : aujourd'hui, nous sommes de plus en plus taxés et de moins en moins remboursés dans un système dépassé. Par Laurent C., de profession libérale, figure de proue des nombreux Français qui décident aujourd'hui de quitter la Sécu.

 

Pour rappel, la Sécurité sociale comprend quatre branches : Maladie, Vieillesse, Famille et  Accidents du travail/Maladie professionnelles. Toutes monopolistiques et toutes en déficit chroniques.

Doit-on y voir un lien de cause à effet ?

Prenons le cas de l’assurance maladie qui dans l‘imaginaire collectif a pris le nom de « sécu ».

Dans le monde des biens et services marchands, chacun peut constater au quotidien les bienfaits de la libre concurrence, pour peu que l’État ne vienne pas distordre les règles du jeu par le jeu des rentes, des subventions et des règlementations clientélistes. Les uns trouveront dans la concurrence un meilleur prix, les autres un meilleur service ou un produit de meilleure qualité, tous y trouveront au moins la liberté de choix.

« Ah mais la santé n’est pas un bien de consommation comme un autre ! »

L’État est donc le seul capable de la gérer et s’agissant au sens propre d’une question de vie ou de mort il n’y a pas à regarder à la dépense. D’où justification naturelle du monopole et des déficits.

Sous cet angle de vue, ne devrions-nous pas considérer la nourriture comment étant une question de vie ou de mort encore plus importante que celle de la santé ?

Indispensable au même titre que l’air, si nous n’avons pas de nourriture correcte nous mourrons certainement. Pourquoi n’y a-t-il donc pas un monopole de l’Etat sur une chose aussi importante que la nourriture ? Imaginez un instant un ministère de la Nourriture… Imaginez ensuite le contenu de votre assiette et ce que ça vous coûterait !

« Ah mais la Sécu c’est l’égalité et la solidarité ! »

Les bien-portants payent pour les malades, les riches pour les pauvres et tout le monde a le droit aux meilleurs soins.
Sur ce dernier point, nous avons en effet un corps médical de premier ordre que le monde entier nous envie et qui nous permet de bénéficier des meilleurs soins. Mais est-ce dû à la Sécu ou plutôt à la qualité et l’engagement des hommes et des femmes qui nous soignent ? En assimilant la qualité de la Sécu à la qualité des soins, on tombe dans l’erreur.

Sur le plan de l’égalité, interrogeons-nous sur les déserts médicaux, sur les délais d’attente pour voir un spécialiste, sur les 30 jours de carence des professionnels non salariés face aux 3 jours des salariés privés et de l’absence de jour de carence pour les fonctionnaires, sur les différences de taux de cotisation selon la profession, etc.

Sur la plan de la solidarité, interrogeons-nous sur les étrangers qui viennent se faire soigner gratuitement dans notre pays et sur nos concitoyens qui par choix personnels coutent à la collectivité par leurs comportements à risque (sport dangereux, addiction,…). 

Pourquoi un étranger en insuffisance rénale qui n’a jamais cotisé un centime en France se voit prioritaire sur les listes de dons de reins par rapport aux citoyens qui ont cotisés toute leur vie ?

Pourquoi devrait-on être solidaire de son voisin qui a les moyens de partir au ski (contrairement à vous) et à qui la Sécu va payer son hospitalisation, sa rééducation ainsi que ses indemnités journalières ?

Et pourtant, les Français restent attachés à leur Sécu car ils ont un sentiment enivrant de gratuité, où avec la généralisation du tiers payant cela tourne à l’open bar médical.

Cette fausse gratuité est savamment entretenue par l’État qui en cache le vrai coût.

Sauriez-vous dire combien vous coûte votre assurance maladie ?

– Si vous êtes de profession non salariée, c’est facile : c’est vous qui faites le chèque en totalité.

– Si vous êtes salarié, vous vous dites que vous payez 0,75% de votre salaire brut et que c’est votre entreprise qui paye 12,8% en charge patronale. Mais c’est bien de votre salaire complet qu’il s’agit. Au lieu qu’il vous soit donné, une partie est prélevée à la source et au final c’est bien 13,55% de votre salaire auquel il faut ajouter les 15 ,5% de CSG (10,85% pour être exact ce sont 70% de la CSG qui sont affecté à la branche maladie), soit un quart de votre salaire complet qui part en assurance maladie.

En avez-vous vraiment pour votre argent ?

Ne préféreriez-vous pas qu’on vous donne ces 25% de plus en net sur votre bulletin de paye et que vous ayez le choix de vous assurer pour la maladie auprès de l’organisme qui vous plaît le mieux, pour une cotisation qui correspondra au niveau de couverture que vous aurez choisi ?

Il ne s’agit pas de privatiser la sécu mais juste de la mettre en concurrence avec d’autres organismes qu’il s’agisse d’assureurs privés, de mutuelles ou même d’associations à but non lucratif, tous travaillant sur un cahier des charges minimal identique, sans discrimination à l’entrée selon l’état de santé.

Impossible ? Les Pays-Bas l’ont fait avec succès. Les chiffres ont le défaut d’être têtus et non négociables. Ils sont là pour les curieux.

D’ailleurs, sans attendre l’inéluctable réforme, certains Français ont décidés de quitter ou plutôt de se libérer de la Sécu, en souscrivant à une assurance maladie privée européenne.

En effet, ils considèrent que son monopole est abrogé depuis 1992 par deux directives européennes transposées en France en 1994 et par ordonnance en 2001, merci à Lionel Jospin !

Comme toute loi elles sont sujettes à interprétation. La Sécu et ses divers organismes défendent le monopole, ces « libérés » défendent leur bon droit. Le gouvernement ne prend pas position malgré les nombreuses questions posées officiellement par quelques députés et sénateurs à la Ministère de la Santé.

Peut-être bien que « toutes les grandes vérités commencent par être des blasphèmes. » (George Bernard Shaw)

Laurent C. De profession libérale, Laurent C. tente de sortir du monopole de la Sécurité sociale et des taxes de CSG/CRDS associées ainsi que du régime de retraite.

Avec Contribuables Associés, luttez pour la réduction des dépenses publiques, car trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts, et contre les gaspillages scandaleux d'argent public !

Lu 96 fois Dernière modification le lundi, 04 mai 2020 19:04