Mort de James (Mc Gill) Buchanan, père de l'école des choix publics

mort-de-james-mc-gill-buchanan-pere-ecole-des-choix-publics mort-de-james-mc-gill-buchanan-pere-ecole-des-choix-publics cc Atlas Network/Wikipédia

James Buchanan (photo), prix Nobel américain d'économie s'est éteint à l'âge de 93 ans le 9 janvier 2013. Peu connu en France, ses apports à l'analyse économique font de lui un des économistes majeurs du XXème siècle.

 

En effet, ses recherches l’ont conduit à s’interroger sur les processus de décisions politiques, et l’analyse des comportements des différents acteurs de la vie politique (électeurs, candidats, mais aussi élus et bureaucrates).

Cynique mais réaliste sa pensée aura marqué et marquera encore l’histoire des idées.

L’ensemble de ses réflexions a nourri un champ fécond de l’analyse économique appelée « l’école des choix publics » (public choice).

L’analyse des choix politiques à l’aide des instruments de l’économie (et notamment la microéconomie) a permis de mieux comprendre, notamment, les raisons de la croissance inéluctable de l’administration et la bureaucratie, l’existence de gaspillages publics ou l’influence des groupes de pressions (lobbies, associations, syndicats…).

La méthodologie de l’école de pensée de James Buchanan repose sur l’analyse des processus politiques non comme l’expression de l’intérêt général et l’œuvre désincarnée du bien commun, mais comme l’action d’individus (l’homme politique, le bureaucrate, l’électeur…) agissant selon des motifs personnels (se faire réélire, avoir plus de pouvoirs, obtenir des subventions…).

Ainsi, chaque individu a un intérêt personnel à agir, bien souvent en contradiction avec l’intérêt général.

Pour l’homme politique, cherchant à se faire élire ou réélire, l’intérêt sera de remporter une majorité d’électeurs. La théorie de l’électeur médian proposée par James Buchanan et son confrère Gordon Tullock explique donc que les programmes politiques auront tendance, dans les démocraties, à être les plus consensuels possibles pour capter le maximum d’individus et chercher « l’électeur médian », celui dont la voix fera basculer le vote.

De ses analyses ont découlé des travaux cherchant à comprendre et développer des règles pour améliorer les processus des choix politiques (par exemple les Constitutions), et permettent de comprendre pourquoi le marché est le plus souvent bien plus efficace que l’Etat, grâce notamment à la concurrence, pour servir le bien de tous.

L’étendue de ses travaux, comme ceux de tous les grands penseurs, va bien au-delà, et les lecteurs anglophones trouveront de nombreuses références en ligne sur ce site.

 

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Lu 94 fois Publié le jeudi, 10 janvier 2013